Les nuits noires de l'âme...

Publié le par Péris Angélique

Les nuits noires de l'âme...

Cela vient bien souvent après quelques désillusions vécues qui amènent avec elle beaucoup de souffrance, d'incompréhension, mais aussi parfois des états de mal être incommensurable dont parfois certains ignorent la cause lorsque tout en apparence semble aller pour le mieux.

C'est une plongée dans les profondeurs de son être et de son âme, une invitation à connaître la partie de nous la plus cachée et la plus intime, polir ce diamant trop longtemps ignoré en laissant tomber nos masques et en se révélant à nous-même.

Et comme rien ne se fait dans la douceur et la compréhension, se "nettoyage" bouscule tout ce que l'on a déjà si bien établi de par nos constructions extérieures et donc intérieures, nos principes, notre éducation, nos transmissions invisibles et familiales, notre vie toute entière.

La première fois que "l'obscurité" m'a englouti, j'avais à peine 24 ans, c'était en 1996. Cela n'est pas arrivé tout d'un coup, non, cela s'est installé petit à petit, me laissant un goût amer d'instatisfaction. Insatisfaction de ma vie tout entière, même si j'étais en couple et que je travaillais, je n'arrivais pas à me reconnaître dans ce que j'étais et dans ce que je faisais. Je ne trouvais pas d'écho à des aspirations inconnues qui me bousculaient de l'intérieur, l'image du monde extérieur me renvoyant une image érronée à laquelle je n'arrivais pas à m'identifier. Il y avait donc un décalage entre moi et ce que le monde pouvait m'offrir. 

J'avais l'impression de tomber, de m'enfoncer dans l'inconnu avec pour toute aide une souffrance indescriptible. A aucun moment je ne pouvais y mettre de mots, et je ne savais pas du tout ce que je pouvais bien vivre. Il n'y avait rien à quoi se retenir, j'avais l'impression de mourir et de disparaître. Cette souffrance était tellement sourde et profonde, que personne ne pouvait m'aider et que je ne voyais aucune sortie à cet état de léthargie, d'incompréhension, et de souffrance. Elle me ravageait de l'intérieur, je me sentais vide, inutile et un trou béant se creusait et m'engloutissait tout entière. Mon entourrage ne pouvait pas comprendre, mes amies distantes et pas forcément concernées, j'étais seule au monde, moi et ce tsunami émotionnel. Pourtant, mon "instinct animal", me demandait de combattre, d'essayer de me rattacher à quelque chose, de m'accrocher à n'importe quoi. Je luttais contre quelque chose de plus fort que moi qui me demandait certainement de lâcher les "armes" et de me rendre. 

Cependant, ignorante de ce que je vivais, dans ce combat où j'étais perdante d'avance, mon corps réussi à somatiser ce "mal-être" en me laissant à plat, en proie à la bronchite chronique, avec un herpès labial énorme, une baisse de tension, quelques hémorroïdes, une fièvre et un état dépressif. Tant et si bien que même mes larmes n'épongeaient pas assez ces ressentiements incontrolables à un flot d'émotion sorti tout droit des tréfonds de mon âme. Dans ces moments de chute vertigineuse, on a envie que tout s'arrête, que le temps suspende son envol, on a envie de tout lâcher, de tout quitter, de tout abandonner, on veut y mettre fin, de mettre fin à ces souffrances inconnues. En fait, plus rien n'a de sens, plus rien ne fait écho, la vie n'a plus de goût, mais en a t'elle vraiment eut ?


ON VEUT EN FINIR !!! Parce qu'on ne voit plus rien, c'est le néant, le vide, l'obscurité. On pense à tord ou à raison que la mort si douce soit-elle, nous arrachera à cette souffrance, parce qu'on ne veut pas mourrir pour mourrir, juste parce qu'on ne peut plus se projeter, nulle part et qu'on pense que la souffrance disparaîtra. On veut juste que tout s'arrête. Comme la souffrance et l'incompréhension occupent toutes nos pensées, notre vision est totalement restreinte et obscurcie, d'ailleurs, il n'y a plus rien, ni vision, ni conscience, ni amour propre, ni attachement, rien...

Certains gardent un esprit de "conservation", ce n'est pas un espoir, ce n'est pas une lueur, c'est un fil tellement mince qu'inconsciemment, ils s'éfforceront de tenir pour ne pas sombrer et pour remonter le long afin d'espérer voir un jour le soleil briller à nouveau. D'autre, couperont ce fil, et mettront fin à leur jour dans de terrible souffrance intérieure. 

Je me suis accrochée, je ne sais pas comment, ni à quoi d'ailleurs, peut-être à cet instinct de survie. "A chaque jour suffit sa peine" dit-on !! Un jour se lève, un autre se couche et la vie continue à déployer tout un tas d'expérience propre à notre évolution. Je crois bien avoir mis un peu plus de 6 mois pour sortir de ces profondeurs, un petit peu plus chaque jour, m'annonçant que plus rien ne serait plus comme avant. Et effectivement, l'annonce de ma grossesse m'a donné encore plus les moyens de me raccrocher à quelque chose pour pouvoir enfin sortir de cette obscurité. Enfin, j'avais un but, une lueur d'espoir. Finalement, la vie n'était pas si inutile et la mienne encore moins. J'allais donner tout ce que je suis à un petit être et enfouir cette souffrance une bonne fois pour toute, l'écraser et ne plus la laisser me posséder.

J'ai cru certainement que je l'avais vaincu du haut de mon ignorance, de mon égo surdimensionné, je pensais en avoir fini avec cette obscurité...

Lorsque je regarde ma carte astrologique de cette époque, le Noeud Nord transitait ma maison XII, puis transitait sur mon Uranus natal ainsi que sur ma Lune Noire. Ce Noeud Nord en XII, comme je l'ai déjà expliqué dans le post précédent du 14 juillet 2015 "Lorsque la VIE nous oblige à faire une retraite" m'obligeait à la purification. Chiron a ce moment-là, transitait lui aussi sur ma maison XII, m'infligeant quelques exigences sur ma santé morale et physique. Des épreuves karmiques remontaient à la surface m'obligeant à des prises de consciences. Je ne faisais pas d'astrologie à l'époque et je ne savais certainement pas ce que c'était que de se remettre en question. J'avais 25 ans, une vie "d'endormie", où n'existe que les paradis artificiels, s'illusionner à vivre une vie qui n'est même pas la sienne et où les plaisirs sont éphémères, sortir, s'amuser, boire, fumer, rigoler, la belle vie quoi !!!!

La vie est faîte de vagues ascendantes et descendantes et malgré cela, je pense que je vivais comme tout le monde à essayer d'affronter les diverses épreuves que la vie nous envoie. Combat, acharnement, frustration, petite joie, rigolade, tracas, soucis, que d'émotions tout au long d'une vie, pour arriver à vivre notre propre vie.

Ainsi en 2007, 11 ans après ma première "crise existentielle", où "traversée du désert", pareil aux "nuits noires de l'âme", je revécue cette même descente aux enfers. La vie a quelque chose de bien c'est que tout converge vers une seule et même direction, la traversée d'expériences douloureuses qui vous amènent aux remises en questions et parfois à une retraite imposée afin de vous libérer de toute illusion et mettre en lumière votre vrai VOUS. 

Je n'avais donc pas échappé à la première crise, elle s'était endormie dans un recoin de mon être, attendant patiemment l'heure fatidique des retrouvailles. Similaire à la première fois, elle m'engloutie en peu de temps qu'il n'en faut pour le dire, mais plus forte que la première fois, j'ai cru ne pas pouvoir en survivre. Celle-ci m'avait littéralement bousculé dans tous les sens du terme, perdue et me sentant seule au monde, mes appels aux secours, mes cris stridents de peurs, et d'angoisses ne trouvèrent aucuns échos à l'extérieur, aucun amis, aucune aide, aucun thérapeute, personne n'a pu m'aider. J'ai fait appel à des médiums, voyants, thérapeutes de renoms qui n'ont trouvé mieux que de me renvoyer à moi-même, où de m'inviter à lire leur livre pour y trouver la réponse à mes questions. Aucune "âme de compassion" n'a trouvé ma route pour juste m'écouter, m'aider où me guider. J'étais en train de sombrer et je me voyais chutter à pic sans aucun fond pour arrêter ma course.

Depuis 2003, je métais intéréssée à toutes disciplines ésotériques et de bien-être pour essayer de calmer et d'amadouer une conjonction Lune/Saturne en maison VIII qui me prédisposait aux insatisfactions constantes. Cette conjonction se trouvait justement en transit dans ma maison XII cette année-là et me demandait un lâcher prise total, vécu dans l'isolement forcé, car même si je travaillais, l'activité s'était calmée me permettant de nettoyer encore et encore cette fonction Saturnienne. Il s'agissait de remettre de l'ordre dans toute ces illusions, ces sacrifices, ces dispersions de Soi, ces fuites en avant, et j'étais encore là en train de me demander comment je pouvais rompre mon contrat d'âme sans porter atteinte à ma vie... Aucune pratique spirituelle que j'avais apprise n'a pu m'aider. Dans ces moments de grand doute et de remise en question, où plus rien ne vous retient, vient un moment où vous vous abandonnez à vous-même, lasse et marre de devoir lutter contre des "moulins à vents", contre soi-même et ses propres émotions où démons.

Il est dit que lorsque ces expériences se mettent en place, c'est comme un test par lequel est examiné notre résolution à continuer sur la voie, étape initiatique vers notre intégrité.

Il y a 3 nuits noires distinctes, une pour la partie physique de l'être, une autre pour la partie mentale et une troisième pour la partie spirituelle. Chacune de ces horribles batailles est nécessaires, semble-t'il, au fur et à mesure que la chair se spiritualise. (Extrait des "neufs visages du Christ" Ed. )

Se sentir inutile, ne pas arriver à aller vers ses objectifs, n'avoir aucun contrôle sur les émotions qui nous submergent, se remettre en cause, ne plus rien savoir, ne plus rien contrôler, se sentir à nouveau perdu sans rien avoir à quoi se raccrocher, sentir une vie qui nous échappe, et vivre dans la confusion la plus totale, tel est le chemin de l'initié. D'autant plus que la confusion est analogue à la nuit obscure des mystiques, et au repli sur soi des mystiques. Les mystiques s'en plaignent, à tort car c'est en fait une opportunité d'enraciner ce qui a été seulement aperçu. Mais l'ignorance dont je faisais preuve ne me permettait pas de refaire surface rapidement et jour après jour, petit à petit, laissant faire le processus, je repris le contrôle de ma vie jusqu'à tout bousculer, tout changer, tout remettre en question, changer de peau, me débarrasser de l'ancienne et avancer.

Chaque crise aussi forte soit-elle n'amène pas forcément à vivre les "nuits noires de l'âme", bien heureusement, sinon, on serait tous en "folie" (LoL :-) mais à priori chez moi, ces crises existentielles suivent un processus inconnu de moi-même, dont on a oublié de me donner le mode d'emploi. Et ainsi, d'expériences en expériences, 8 ans après la 2ème crise, cette année (2015), me revoilà à cottoyer les bancs de "l'école spirituelle" des mystiques et de leur nuit noires de l'âme. Et, il semblerait qu'après la crise existentielle physique et mentale, me voici à vivre cette crise spirituelle.

Le Noeud Nord transite à nouveau ma maison XII, ainsi que la Lune Noire, transitant sur Pluton et ma Lune Noire natale. J'assiste à une dissolution complète de mon ancien moi. Prise de recul, isolement, souffrance intérieure suite à des évènements où j'ai tout perdu, je commence à en avoir l'habitude. Une mutation certaine s'opère dans les profondeurs de mon être.

Mais depuis 1996, tout à changé. J'ai mis un nom sur ces "traversées du désert", j'ai aussi anticipé cette épreuve grâce à l'astrologie que j'ai en plus comme outil à portée de main. En déménageant en pleine campagne, isolée et éloignée de tout, pour mieux me retrouver, comme à l'approche de ma 2ème nuit noire finalement, j'ai anticipé et incarné ce que mon âme avait besoin. Une réclusion intérieure et extérieure pour me déposéder de toutes mes scories passées. Aujourd'hui, j'ai certes plus de vécu, plus d'expériences, plus de pratique spirituelle, plus de connaissance, peut-être aussi plus de maturité et de sagesse, ce qui ne veut pas dire que je maîtrise le processus, non toujours pas. L'intensité du vécu est toujours là mais elle est moins forte, prend moins de place, mais quand elle frappe même si c'est plus court et qu'elle revient à la charge par bride, elle n'en reste pas moins profonde.

Certaines sources disent que les personnes qui vivent ces nuits noires de l'âme sont finalement en train de se préparer pour vivre leur destin, souvent lié justement à la spiritualité. Et, je pense que c'est vrai. Je suis dans une phase de recherche de vérité, d'authenticité et la spiritualité prend tout son sens actuellement. 

Ainsi, de lecture en lecture, d'expériences en expériences j'ai pu m'apercevoir de l'illusion que nous vivons, des relations fausses, des attachements, j'ai pu voir le jeu des émotions, j'ai pu me rendre compte de mes hautes ambitions dont je parle tout le temps, de ce désir de reconnaissance professionnel, de ces combats entre mon égo, ma personnalité et mon âme. Déceptions, illusion, tristesse, mensonge, poudre aux yeux, aujourd'hui je prends conscience qu'il n'y a qu'1% de gens dît "spirituels", tous les autres sont des pâles reflets d'illusions perdues qui se donnent des titres et des genres pour tromper et mieux arnaquer son prochain. Je tombe des nues, je m'ouvre à l'impensable, je m'accroche encore à de vieux démons, car même si je sais ce que je vis aujourd'hui, il n'en reste pas moins que cette souffrance veut prendre toute la place, c'est le moment, c'est le grand moment. Alors, comme je l'ai déjà expliqué dans d'autres "post", je n'ai définitivement plus rien à quoi me raccrocher, ma vision est toujours restreinte, je ne vois toujours pas plus loin que le bout de mon nez, j'ai l'impression d'être dans le tout et de disparaître, j'ai l'impression qu'il n'y a pas 36 chemins pour moi, il n'y en a qu'un seul mais la porte est si étroite que je n'arrive pas encore à en voir l'éclat. Mais à l'inverse des 2 autres fois, je suis préparée. Lorsque je sens venir en moi une montée émotionnelle qui pourrait m'engloutir en l'espace de quelques secondes, je m'installe pour lire des livres spirituels et donner à mon âme la nourriture dont elle est friande. Ainsi, j'ouvre ma conscience à plus de connaissance et j'arrive à laisser les vagues tournoyer à l'intérieur de moi sans être grandement touchée. De ce fait, pendant que j'occupe mon esprit, cela lui évite de tourner en boucle et de me rendre la vie impossible, et en faisant une pierre deux coup, je permets à mon Soi supérieur de prendre toute la place dont il a besoin. Ainsi, je permets aussi à mon âme de retrouver des qualités d'âmes enfouies ou perdues, telle la compassion, l'humilité, le respect, le non jugement, la gratitude, pour aller vers la paix intérieure. 

Malgré tout ce que je vis, et après coup, j'ai encore la chance d'avoir toujours su tirer partie de ces nuits noires de l'âme en lâchant définitivement prise et en laissant faire le temps. En ne m'imposant rien et en m'abandonnant à la vie. A-t'on d'autres choix? Non, et mes vieux démons me rappellent sans cèsse que je dois ramener de l'argent à la maison mais c'est sans compter sur la providence qui est censé pourvoir à mes besoins. Postuler, chercher du travail, pour l'instant, le temps et au travail intérieur, chaque chose arrivera en temps et en heure, je ne dois pas m'inquiéter. 

Je peux vous dire qu'un gros nettoyage s'est opéré et s'opère encore. J'apprends aussi à m'en remettre à l'Univers et à avoir foi et confiance, mais, ce n'est pas le cas pour tout le monde. Et en comparant 4 thèmes de 4 personnes distinctes avec un même ascendant et donc le passage du Noeud Nord dans la maison XII de chacun, j'ai pu constater 4 façons différentes d'appréhender ce transit.

Deux personnes, l'une née en 1979 et l'autre en 1982, déjà bien enracinée dans leur vie professionnelle avaient su tirer partie de ce transit du Noeud Nord en maison XII et ont pu développer et augmenter leur activité et leur créativité. Cela a été très positif pour elles car ce transit est allé dans leur sens, puisqu'il demande que l'on se consacre à un domaine relatif à l'aide social, au médical, ésotérisme, humanitiaire etc.. chose que font déjà ces deux personnes.

En revanche, pour une autre personne né en 1979, qui n'est pas du tout dans une recherche spirituelle ni dans un travail sur elle même, ce transit l'a complètement fait sombrer dans le néant et l'a poussé à croire qu'il vallait mieux qu'elle en finisse en mettant un terme à ses jours, parce que les événements de sa vie étaient insupportables et invivables. Elle est en train de se faire suivre par un psychothérapeute. Elle aussi avait la Lune Noire en transit sur sa Lune Noire natale et sur son Pluton natal en maison XII, ce qui a fait ressurgir de lourdes mémoires de souffrances et de mémoires karmiques et passées en relation avec sa mère et son foyer.

Quant à moi la 4ème, pour avoir vécu ce que la 3ème est en train de vivre, je comprends totalement sa souffrance et je regrette qu'elle ne soit pas si ouverte que ça pour juste l'avertir de ce qui se passe et de ce qu'elle vit.

Bien évidemment, je n'en suis pas encore sortie, mais je comprends mieux ce que je vis et j'essaye de le vivre du mieux que je peux même si cela reste parfois assez difficile. L'égo essaye de s'accrocher, il a peur de l'anéantissement, quant à moi, je reviens à ma plus simple expression, l'humilité de qui je suis et j'apprends tous les jours à cesser de croire que le monde ne tournerait plus sans moi, je rabaisse mes ambitions, mes envies, mes désirs et tout ce qui me fait souffrir car ils sont finalement, entre autres, les causes de la souffrance humaine...

La solitude intérieure, le contact avec la nature, la vie, le souffle du vent, le calme et le dépaysement me permettront de trouver le silence du coeur et permettront enfin le temps venu que la transformation s'opère...

Merci ;-)

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S
Decembre 2019 :<br /> Je lis vos mots et ooh combien je comprends vos maux.<br /> Merci de m avoir permise de vous lire.<br /> Sandrine.
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P
Merci bien Sandrine. Passez de très bonnes fêtes, bien à vous ;-)